Kinshasa : faire la photographie sous une forme narrative… c’est possible !

La narration photographique était lundi au cœur de la première rencontre du club des photographes de l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa. Échange, discussion, débat autour du sujet avec des photographes invités et des intervenants qui s’y connaissent dans la chaîne de production photographique. C’était une manière de célébrer la journée mondiale de la photographie, passée le 19 août.

Premier intervenant, le photo journaliste Justin Makangara a fait part de son travail de photographe sur l’environnement et les techniques pour mieux documenter un sujet dans cet art. Il préfère que les histoires à documenter soient d’abord celles qui se passent autour de chacun avant d’aller plus loin. Une fois le sujet trouvé, chercher minutieusement les détails, faire confiance à son instinct, être original tout en ayant passé en revue le travail des autres sur le même sujet.

« Ce que je conseille, c’est de se documenter en permanence, lire les livres de la photographie, se documenter sur le travail des autres. Comment ils racontent, comment ils traitent les sujets. La logique de la photographie est de ne pas partir des réponses, mais plutôt des questions », a-t-il expliqué.

La narration photographique, considérée comme élément de base d’un photographe professionnel, elle a été visitée sous plusieurs formes. Dans son élaboration et sa production, mais aussi la distribution de ses produits. Le deuxième intervenant, Patient Ligodi, journaliste et Directeur Général du média en ligne ACTUALITE.CD, est notamment revenu sur les stratégies à mettre en place pour trouver des preneurs de son travail.

Une vingtaine de personnes, à majorité photographes, a participé à cet échange. Pour les organisateurs, cette première rencontre visait à soulever ce côté narratif dans le milieu photographique congolais qui, a-t-on indiqué, pose quelques problèmes. « Un photographe ne peut pas faire sa photo sans suivre les principes narratifs », a insisté Samy Ntumba, initiateur de ce club.

« La majorité de photographes congolais sont autodidactes. Ce genre de partage permet à chacun de tirer quelque chose. La photographie ne se résume pas à une photo réalisée pour un client. Elle permet de lire la vision de quelqu’un, de regarder l’histoire », a estimé Jamil Lusala, un autre photographe ayant participé à la rencontre.

Les deux intervenants ont donné un certain nombre d’éléments à avoir à l’esprit ou à tenir en compte pour mener à bien son travail de photographe dans la narration. C’est notamment l’amour de ce qu’on photographie, l’adaptation à la mutation du monde, l’essai de tous les genres photographiques, se poser des questions, éviter de se faire manipuler, savoir quel type de client avec qui travailler : média, entreprise, particulier, etc.

Ou encore la compréhension des médias et leur fonctionnement, celle de la société, de l’audience des médias et de leurs besoins. Le réseautage, choisir entre faire des photos d’illustration ou des photos qui sont des sujets de narration, comprendre ce qui fait bouger le monde aujourd’hui ou bien l’impact du sujet dans la société.

Le club des photographes de l’ambassade des Etats-Unis en RDC existe depuis le mois de février dernier, à la suite d’une sélection à une série d’ateliers et master class avec le coach Jason Gardner, sur le management dans le domaine de la photographie et celui du cinéma. Ensuite, dans le cadre du festival Kongo River, les photographes membres du club ont exposé leurs œuvres en tant que club, pour la première fois, du 14 au 16 juin.

Ce club de photographie compte 9 membres, parmi lesquels Anastasie Langu, Bienvenue Dingu, Deo Mvula, Dewit John Makengo, Gloire Ndoko, Jamil Lusala, Mira Dunoyer, Rigeane Apata, Samy Ntumba, l’initiateur du projet. Il compte d’élargir son champ avec d’autres photographes pour des ateliers et expositions à venir.

Emmanuel Kuzamba

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