Poésie-Slam à Kinshasa : au delà du charme, passer les messages, panser les blessures

Récital poétique d’une grande performance artistique accompagné de divers instruments de musique, des slameurs et poètes congolais, amoureux de la lyre, des mots, du rythme et par ricochet de la littérature chantée, contée ou déclamée étaient sur scène vendredi au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa où ils ont offert au public un spectacle inédit, a constaté un journaliste de mbbactu.net.

Cette activité baptisée “Soirée Poésie-Slam” a accordé une carte blanche à Negue Fly Nsau avec son recueil des poèmes “Toile en vers” paru aux éditions de la Montagne en cette année 2022.

A leur descente de la scène, ces hommes et ces femmes étaient aussi émerveillés que le public qui les a vu presté dans cette grande salle de spectacle du Centre Wallonie-Bruxelles, rouvert en juin après plusieurs mois de fermeture en raison des travaux de rénovation.

“Entant qu’amoureux de l’art, du slam et de la littérature, être sur scène dans une salle rend très heureux, mais par rapport à ce lieu, une prestation dans cette salle du Centre Wallonie-Bruxelles est une occasion rêvée pour plusieurs artistes, poètes ou slameurs. Avoir cette opportunité procure un sentiment très particulier”, a déclaré Kertis le Banlieusard, l’un des artistes qui était monté sur scène.
Youssef Brahn a pour sa part estimé qu’une ère nouvelle a sonné pour le slam congolais, un vent nouveau a soufflé sur sa poésie.

“Ça fait longtemps qu’on a vécu des scènes comme ça, depuis l’époque de Lipoposlam avec Micromega, et ça fait du bien de revivre ce genre de moments, on sent qu’on passe d’un temps ancien à un temps nouveau et il y a des choses qui deviennent beaucoup plus grandes, les choses qu’on améliore”, s’est-il félicité.

“Moment de partage et de plaisir”

Présenté par les commentateurs comme “Icône du pays” et l’un des parrains de l’événement, le poète et slameur Péter Komondua a salué un moment de partage et de plaisir qui vient rompre un long moment de suspense dans la ville.

“Après deux ou trois ans que le monde a été en suspense, maintenant les activités reviennent, c’est un moment des plaisirs, de partage, de rencontres”, a-t-il dit.

M. Komondua est cependant conscient que beaucoup reste à faire pour changer définitivement les choses car “le slam comme tout autre art demande beaucoup d’engagement et de temps” pour parvenir à améliorer les choses et avancer.

Dans une société congolaise talentueuse, la “Soirée Poésie-Slam” a été également une occasion de faire briller le slam congolais entant que discipline artistique.

“Le slam est très important dans notre société où la parole est importante et sacrée. Il y a tellement à dire et tellement à raconter mais nous avons moins d’espaces pour le faire. Cette soirée est donc une initiative qu’il faut soutenir et encourager, pour que le slam congolais vive”, a réagi slameuse Do Nsoseme Dora, interrogée par mbbactu.net.

“Il faut beaucoup d’espaces qui accueillent, produisent et font la promotion du slam, de la poésie et des artistes slameurs ou poètes”, a ajouté la jeune femme.

Un art pour charmer, le slam est aussi un moyen pour véhiculer des valeurs, pour éduquer à travers des messages et des mots rythmés. Ce genre littéraire s’affirme de plus en plus au sein du secteur littéraire en République démocratique du Congo.

“Le slam congolais a encore de l’avenir si les choses continuent avec cette pulsion. C’est un genre oratoire qui sert à passer le message, instruire, charmer, panser les blessures de ceux qui sont brisés, conscientiser et éduquer, car aujourd’hui, le Congo a un problème d’éducation et de changement de mentalité on peut l’utiliser comme moyen de sensibilisation”, a analysé le poète et slameur Ben Kamanda.

Lors de cette “Soirée Poésie-Slam”, différents thèmes ont été abordés dans les présentations allant de les injustices aux violences, en passant par la paix et l’amour.

Christian Dimanyayi

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