RDC : Regard congolais sur la littérature belge

La République démocratique du Congo et la Belgique ont des liens historiques très forts et pourtant, l’accès aux œuvres des écrivains belges n’est facile au Congo par rapport à la littérature Française. Pour tenter de comprendre le pourquoi de cette situation, un temps d’échange a été organisé dernièrement au centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.

Des passionnés de la littérature, lecteurs congolais, écrivains, professeurs, chercheurs, étudiants, ont participé à cet échange littéraire autour des œuvres et des auteurs de la littérature belge francophone et qui avait pour thème : « Regard congolais sur la littérature belge ». Ainsi, les participants se sont attardés sur l’écrivaine belge Suzanne Lilar et Marc Quaghebeur.

Le professeur Justin Mwamba a présenté Suzanne Lilar, auteure de : Tous les chemins mènent au ciel, Le Burlador, Le couple, Le malentendu du deuxième sexe. Auteure prolifique et engagée dans la quête d’un équilibre sociétal, “l’œuvre de Suzanne prône un amour sacré, un respect mutuel entre les individus pour une harmonie au sein de la société”, a affirmé le professeur Mwamba.

Le deuxième auteur qui a été au cœur de ces échanges est Marc Quaghebeur, présenté comme l’un de grands écrivains Belges encore en activité. Présenté par l’assistant Georges Songabo, Marc Quaghebeur est auteur des plusieurs œuvres littéraires, essais, recueils de poèmes dont Forclaz, Le Cycle de la Mort, Les Vieilles, Clairs Obscurs : petites proses, le temps qu’il fait.

Mettre en place une politique de collaboration efficace

Pour le compte de cet auteur, on peut aussi citer : L’Effroi l’errance, La Nuit de Yuste, ou encore son roman « Les grands masques ». Paru en 2012, “Les grands masques” est considéré aujourd’hui comme l’un des romans les plus lus de la Belgique, selon M. Songabo.

Malgré les relations historiques qui unies la RDC à la Belgique, les lecteurs congolais se tournent plus facilement vers des auteurs français et la littérature française que belge.

Pour le professeur Mwamba, plusieurs facteurs expliquent de cette non accessibilité à la littérature belge dans l’ancienne colonie notamment la politique culturelle de la RDC qui privilégie l’étude des écrivains congolais dans des écoles, le mauvais rapport au départ de l’indépendance ou encore le problème linguistique.

Il a par ailleurs relevé “le problème de l’autonomie de la littérature belge et le fait que la littérature française était considérée à l’époque comme une littérature modèle”.

En effet, après les indépendances il s’observait que “pour être reconnu comme un écrivain, il fallait écrire comme les grands écrivains français”, a-t-il rappelé. Une situation qui n’a pas joué en faveur de la littérature belge, même francophone.

Pour espérer renverser cette tendance, le professeur Mwamba a invité le centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa à mettre en place une politique de collaboration efficace avec des institutions scolaires, universitaires et autres afin de faciliter l’accès aux œuvres de la littérature belge à tous et encourager des études et recherches sur celle-ci.

Christian Dimanyayi

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