Le recueil de poème “Le Fleuve dans le ventre” à l’honneur au festival “Ça se passe à Kin”

Le recueil de poèmes “Le Fleuve dans le ventre” de l’écrivain congolais Fiston Mwanza Mujila a été présenté sous forme d’une pièce de théâtre au festival  “Ça se passe à Kin” qui a fermé ses portes mercredi 8 juin à Kinshasa, une semaine après son ouverture.  Devant le public, la comédienne Ornella Mamba l’a présenté seule sur scène de l’Institut Français de Kinshasa et à la plateforme contemporaine.

Dans “Le Fleuve dans le ventre”, Fiston Mwanza Mujila raconte la guerre et l’exil, la faim et le mal du pays, la transe et la solitude, l’enfance et les blessures, le passé colonialiste d’exploitation et ses visions apocalyptiques, les enfants soldats et les églises du Réveil chrétien, dans une trame située entre Kinshasa, Minsk et toujours et encore le fleuve Congo, qui représente la vie et l’identité dans son état menacé.

Le fleuve Congo dont il est question dans ce recueil de poèmes, Ornella Mamba dit vouloir le faire naître dans ceux qui ont suivi son spectacle. Sur base des poèmes tirés dans “Le Fleuve dans le ventre”, cette comédienne a présenté une centaine de solitudes, qu’elle a reliées pour en faire un spectacle de théâtre.

“Je porte ce texte, j’ai besoin de le faire entendre à un maximum de personnes. C’est nécessaire qu’on entende ces paroles là, de cette manière là”, a-t-elle dit.

Ce fleuve  qui nous a vu naître et qui nous verra mourir “raconte notre histoire à tous (…) Ce fleuve qu’on porte dans nos veines, qui nous fait appartenir à un peuple, à un pays”, a-t-elle commenté à la fin du spectacle.

“En réalité le fleuve, de manière plus simpliste, c’est ce qui nous fonde, ce qui nous définit, ce qui fait de nous des congolais. Ce qui fait qu’on sait d’où l’on vient, quel que soit l’endroit où on va. Le fleuve, c’est l’amour inconditionnel qu’on porte à un pays et nous, on aime le Congo, même de manière violente”, a insiste Ornella Mamba.

Participant à la soirée à l’Institut français, Randy Kalay, acteur culturel, a vu en ce texte une volonté de faire appel au panafricanisme.

Avec ce recueil de poème, “il y a de quoi dire que c’est un appel à nos ressources ancestrales, c’est toujours important. Celui qui n’arrive pas à puiser dans ces ressources, n’aura pas un futur radieux”, a-t-il estimé.

Le festival “Ça se passe à Kin” est à sa dixième édition cette année. Il met en avant le théâtre, utilisant les mots avec une dimension poétique et politique pour aborder différents sujets dont la guerre, l’histoire, etc. C’est dans ce sens qu’au cours de cette édition qui s’est déroulé pendant plusieurs jours,  une présentation de la pièce “Des barricades des pneus enflammés pour la dent de Lumumba” a eu lieu.

Emmanuel Kuzamba

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