L’itinéraire de la rumba congolaise en Belgique au cœur d’un échange à Kinshasa

Inscrite récemment au Patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco, la rumba congolaise et son itinéraire en Belgique, ancienne métropole de la République démocratique du Congo, a été au cœur d’un échange auquel ont pris part scientifiques, artistes musiciens, opérateurs culturels et autres amoureux de cette musique, mardi à la bibliothèque du Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa.

La rencontre a été animée par Klay Mahungu, un acteur culturel congolais vivant en Belgique, qui a présenté la rumba comme une “musique universelle”. “Ne voyez pas seulement la rumba à Kinshasa, Bukavu, Kindu… Elle est partout” a t-il déclaré.

M. Mahungua rappelé que la rumba congolaise est entrée à l’occident en 1960 par la Belgique lors de la Table ronde belgo-congolaise. D’après cet acteur culturel, l’idée était venue de Thomas Kanza, premier universitaire congolais en Belgique, qui avait souhaité l’arrivée d’un orchestre congolais pour animer la Table ronde.

C’est dans ce contexte que Jef Kalé avec un groupe de musiciens de l’orchestre African Jazz débarquèrent à Bruxelles pour accompagner ces travaux. La rencontre avait a reuni près de cent-cinquante délégués congolais et des représentants belges (six ministres, cinq parlementaires et cinq sénateurs étaient présents, accompagnés de quelques dizaines de conseillers et d’observateurs) à Bruxelles du 20 janvier au 20 février, puis du 26 avril au 16 mai 1960.

La rumba vit et se renouvelle

La Table ronde avait pour but “de discuter ensemble ouvertement et sur un pied d’égalité pendant un mois d’un certain nombres de thèmes délicats”, comme l’explique David Van Reybrouck dans “Congo, une histoire”, un ouvrage de référence sur l’histoire du Congo.

Depuis, la rumba congolaise s’est révélée être un vecteur important de notre culture, car elle influence, sensibilise, éduque la manière de vivre du Congo, a expliqué Klay Mahungu.
Revenant sur la question de la différence entre la rumba des années 60, 70 et celle de la génération actuelle, Klay Mahungu a estimé que “chaque génération s’approprie la rumba (…) avec ses sensibilités et son environnement”.

La rumba congolaise a été inscrite en décembre dernier au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture).

Musique des villes et des bars, de rencontre des cultures et de nostalgie, la rumba dans sa version moderne a une centaine d’années. Elle a connu des hauts et des bas, ses stars font parfois polémique voire scandale, ses réseaux de production et de distribution sont critiqués pour manquer de rigueur. Cependant, en RDC ou ailleurs, la rumba vit et se renouvelle.

Christian Musungayi

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