« Les Nyotas », un duo d’humoristes congolaises, ont fêté leur sixième anniversaire de carrière le 26 mars. Réunies en 2016 par leur formateur Ronsia Kukuelukila, autre figure majeure de l’humour congolais, les deux jeunes femmes ont réussi à imposer un style particulier d’humour qui ne se fait qu’à deux.

Les Nyotas (les étoiles en swahili, Ndlr.) sont de jeunes artistes humoristes constituant un tandem flamboyant sur scène. Ayant quasiment la même taille et le même timbre de la voix, elles ont réussi à emballer le public dans plusieurs spectacles aussi bien en République démocratique du Congo qu’à l’étranger.

Ce duo composé est composé de Jovitha Songwa et Princesse Watuwila. Elles ont été récompensées à divers niveau et obtenues plusieurs distinctions. Les deux humoristes ont notamment été proclamées lauréates 2020 du Prix talent du rire de Radio France Internationale (RFI).

Interrogée par mbbactu, Jovitha dit considérer ce prix, tout comme les autres distinctions, comme le résultat du travail. Le plus grand souvenir, dit-elle, en faisant allusion au prix RFI, c’est d’être les toutes premières femmes à gagner le prix.

« On a bâti un empire ensemble. Parmi les grands souvenirs, c’est notre première prestation au Festival Toseka en 2016. Après, nous avons fait le parlement du rire où j’ai rencontré plusieurs humoristes africains qui ont bercés mon enfance, on a fait le Marrakech du rire où on a rencontré Jamel Debuzz. Je me souviens même d’avoir pleuré ce jour-là », raconte pour sa part Princesse Watuwila.

“Nous ne sommes pas encore arrivées”

Malgré leur parcours remarquable, les deux jeunes femmes ne se considèrent pourtant pas comme des supers stars. « Après chaque scène, je me dis toujours que je viens de commencer. C’est pour ne pas me prendre la tête. Ça me permet de toujours avoir cette flamme pour continuer à bosser », confie Princesse Watuwila.

Le même état d’esprit caractérisé sa “compagnone”, Jovitha Songwa qui dit n’avoir pas encore franchie la première étape.

« Nous ne sommes pas encore arrivées, nous sommes très loin, on a même pas encore franchi la première étape. Nous sommes très heureuses parce que ces six ans sont celles de disputes, d’engueulades, de joie, de pleurs, de frustration, et c’est un grand honneur », dit-elle.

Deux anciennes étudiantes de l’Institut National des Arts (INA), Jovitha Songwa et Princesse Watuwila se sont produites sur les scènes des hauts lieux de la culture et participer dans les plus grands évènements culturels, dans le pays ou à l’étranger. C’était pour le Marrakech du rire au Maroc, le Parlement du rire en Côte d’ivoire, l’Institut Français de Kinshasa, le Centre Wallonie-Bruxelles ou encore le festival Toseka.

Ce qu’il reste à faire

Pour l’avenir, les deux artistes humoristes ne tarissent de projets. Elles disent vouloir faire comprendre à tous et particulièrement aux femmes qu’elles peuvent faire de l’humour leur métier.

« Il nous reste beaucoup de choses, il y en a qui ont 50 ans de carrière. six ans, c’est à peine », fait remarquer Princesse, avant d’ajouter : « Je forme déjà des humoristes, on a pris cette habitude de rester ensemble, d’encadrer les jeunes. Si on ne le fait pas l’humour va disparaître ».

De son côté, Jovitha rêve grand pour la suite de leur carrière : « Il nous reste à faire de grandes scènes, le tour du monde, d’avoir un très bon manager, on veut que les gens connaissent notre style parce qu’il est nouveau et que les femmes adhèrent dans les stand up ».

Emmanuel Kuzamba