Le livre de la journaliste Zaina Kere Kere titré « Les élections en RDC vues par une journaliste » a été présenté pour la première fois ce mardi 29 mars à Kinshasa à l’hôtel Sultani où l’auteure a expliqué ses motivations, son envie de mettre par écrit son expérience d’avoir couvert les 3 cycles électoraux de la République démocratique du Congo. Elle y présente également ses propositions et analyses sur le rôle de la presse pendant des élections.

Zaina Kere Kere a écrit son livre en huit chapitres en mettant un accent sur la presse, l’information, le système politique ou encore le rôle de l’église.

Le bouquin a été baptisé par Patricia Nseya, rapporteur de la Commission éléctorale nationale indépendante (CENI), en présence des présidents de l’Union Nationale de la presse congolaise (UNPC) et du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).

Mme Kere Kere fait remarquer que la période électorale en RDC est remplie d’incertitudes et de tensions, ce qui ne devait pas être le cas, selon elle. « Les élections sont les socles du développement, lorsqu’il n’y en a pas, il n’y a pas développement. Elles permettent un redécollage au niveau du pays dans tous les domaines : politique, culturel, religieux », dit-elle.

«J’ai couvert les trois cycles électoraux ici en RDC. J’ai été observatrice, j’ai eu le privilège de voyager dans l’arrière pays, pas seulement dans le cadre des élections mais aussi pour voir comment les gens vivent. Je suis parmi les femmes qui se disent qu’elles ne sont pas dans le monde comme une employée, je suis au monde pour apporter une pierre [à la] construction de cette planète”, a-t-elle ajouté.

Les élections en huit chapitres

Le livre s’ouvre sur le chapitre intitulé : “La nécessité de contrôler l’information”. Cette nécessité fait l’objet d’une guerre partout dans le monde et le Congo ne déroge pas, fait observé l’auteure.

Dans le deuxième chapitre consacré à “La presse faiseur ou détrôneur des rois”, Mme Kere kere compare quelques signaux de l’époque du président Mobutu Sese Seko (1965-1997) dans la presse avant sa chute et les événements plus récents dans ces dernières années.

Dans troisième chapitre, elle rentre “Dans les entrailles du système”, elle relève les difficultés du métier de journaliste du point de vue social et sécuritaire. Elle évoque la nécessité du vote, au parlement, d’une loi consacrant le droit d’accès à l’information.

Le quatrième chapitre : “Quand la technologie vient changer les règles du jeu” évoque comment, avec internet, toute personne peut se faire passer pour un journaliste et la circulation rapide et large des informations à travers le monde.

Le cinquième chapitre est consacré à “La radio, le média le plus suivi”. Surtout dans l’arrière pays en terme de campagne électorale, de sensibilisation et bien d’autres pendant la période des élections.

Le sixième chapitre porte sur “Le pouvoir, son exercice et l’organisation des élections”. Elle propose au pouvoir de mener régulièrement un monitoring avec ses électeurs ou plus largement le peuple pour être sûr d’avoir réussi son exercice.  

C’est dans le septième chapitre qu’elle parle de “L’opposition, sa lutte pour l’alternance”. L’auteur constate que le problème de l’opposition en RDC est qu’elle ne semble toujours pas prête à aller aux élections.

Dans le dernier chapitre, Me Kere Kere évoque “L’influence de l’Eglise sur le processus électoral”. Elle indique avoir réalisé que celle-ci est tellement influente qu’elle apparaît comme la seule structure qui redonne l’espoir face à l’absence de l’autorité de l’Etat.

Dans sa conclusion, Zaina Kere Kere pose la question de savoir si les trois cycles électoraux congolais ont fait avancer le pays. Elle répond par oui, en soutenant que le peuple congolais s’est choisi ses dirigeants malgré les irrégularités.

Un parcours de guerrière

Journaliste reporter et caméra-woman pendant près de 16 année, Michel Zaina Kere Kere a exercé ce métier en RDC, après ses études de journalisme à l’IFASIC. Elle s’est perfectionnée dans le journalisme web à Paris, en France. Elle a été récompensé de plusieurs prix internationaux en raison de ses performances.

Mme Kere Kere a travaillé à Tropican FM où elle présentait des journaux, faisait des reportages et a fini par occuper le poste de rédactrice en chef dans média. Elle a été également à Numerica TV où elle a occupé le poste de chargée de programme adjointe, selon sa note biographique.

Elle a également été travaillé comme correspondante de plusieurs chaînes internationales dont Radio France Internationale, ARTE, Canal + ou TV5 Monde. Elle a effectué un stage professionnel à l’Agence France-Presse et a travaillé à l’Agence Congolaise de Presse ainsi qu’à l’Agence Presse Associée. Depuis 2017, Michel Zaina Kere Kere est productrice radio pour Internews.

Emmanuel Kuzamba