Le premier roman de l’auteure Celena Ngoy, intitulé “Mateso”, a été présenté sous forme d’une pièce de théâtre le samedi à Kinshasa, dans un spectacle où les acteurs ont lancé de messages de sensibilisation sur la situation tragique que traversent les enfants qui vivent dans la rue. C’était au restaurant Reine de la paix sur l’avenue des huileries, en présence du bourgmestre de la commune de Lingwala et autres personnes (parents et enfants), a constaté un journaliste de mbbactu.

Mis à part la danse et la musique qui ont accompagné la soirée culturelle dénommée “Ne touchez pas à ma maman”, le spectacle de théâtre a duré 1 heure du temps. La mise en scène était assurée par Jackson Lohonga, qui a indiqué que l’intérêt du spectacle était de lancer des messages de sensibilisation sur la situation tragique que traversent les enfants qui vivent dans la rue.

 Le roman est contemporain, il y a de l’actualité. On a voulu parler et sensibiliser les gens à travers cela. Le roman a un intérêt de sensibiliser aussi les parents à ne pas négliger l’éducation des enfants, même en cas de divorce. Une fois les enfants dans la rue, c’est leur perte et celle de la société », a expliqué M. Lohonga.

Une trentaine de personnes a pris part à ce spectacle joué par les étudiants de l’Institut National des Arts. L’activité était l’organisation de “Bana Saint Jean Fondation” qui n’a pas manqué de glisser des messages de sensibilisation en faveur des droits de la femme, en ce mois de mars.

Une réalité dans une fiction



Le roman a déjà été lu comme lecture spectacle en décembre 2021, à la paroisse Saint Albert, par le metteur en scène, Jackson Lohonga. Son message, ses rebondissements cadrant avec la vie de tous les jours, ont permis qu’il soit mis en scène pour la première fois comme pièce de théâtre.
Fouraha Sumialo qui a joué le rôle de Mateso (l’héroïne du roman), a indiqué être sensiblement touchée en incarnant ce rôle. 

Je viens de réaliser les souffrances que les enfants de la rue vivent. Je me dis combien de filles mineures sont violées parce qu’elles vivent dans la rue, la pluie et bien d’autres [intempéries] tombent sur elles. En jouant, j’étais vraiment choquée », a-t-elle dit.

Le roman « Mateso » est subdivisé en deux parties : Genèse et Exode. La mise en scène n’a concerné que la première. La scène se déroule à Zando, le grand marché de Kinshasa, où Mateso, une fille mineure de 17 ans, et ses amis passent leur vie. Mal entendu avec la marâtre ou autres raisons ont fait que ces enfants se retrouvent sans domicile. 

Une histoire remplie d’émotions



Dans la pièce, ces enfants vivent tout de même dans la rue, mais non sans remous. Guerre d’écuries entre ceux communément appelés “Shegués”, un proche de Mateso fut tué devant ses yeux impuissants et coupé en morceaux. Elle-même fut violée. Une vie tumultueuse manquant de quoi se nourrir, se vêtir, où loger ; bref ne jouissant pas de ses droits.

Mateso passe plus de temps avec Konzi, autre camarade de la rue. Sans surprise, ils n’ont pas réussi à se trouver du travail pour se prendre en charge. La tenue d’une campagne de sensibilisation des femmes au grand marché pendant le mois de mars, va leur permettre de profiter de la nourriture mais pas que, Mateso suit attentivement le discours d’une intervenante qui est revenue sur le droit des femmes.

Touchée, Mateso se rend compte, peu à peu compte de ses droits. Dans la suite de sa vie, elle cherche à les faire valoir. Contre l’avis de son camarade, elle se rend au poste de police pour réclamer son droit aux études, à la protection, à la vie, à la parole, etc. Elle sera chassée et mise dehors par les officiers car disent-ils, les enfants de la rue n’ont pas de droit. Amertume.

Emmanuel Kuzamba