Kinshasa : le conte célébré autour du feu avec la compagnie Théâtre de Marconte

A la manière traditionnelle, autour du feu, le spectacle « Soirée de la parole » a été animée dimanche au centre culturel Baya art, dans la commune de N’djili à Kinshasa où des artistes conteurs et conteuses congolaises  se sont produits devant un public d’enfants et d’adultes, a constaté un journaliste de mbbactu.

Au total, six conteurs (4 femmes et 2 hommes) se sont succédé sur scène pour marquer la journée mondiale du conte, célébrée le 20 mars depuis 2004. Ces conteurs sont : Kelvin Dikoke, Shardy Masamuna, Nadine Mbombo, Bénie Makaya, Gaël et Jovitha Songwa. Les quatre premiers sortaient de trois jours des travaux en atelier organisés par la Compagnie Théâtre de Marconte, tandis que les deux derniers étaient invités à participé à cette représentation scénique, a indiqué cette compagnie, organisatrice de l’événement.

Dans un décor qui rappelle les villages africains, habillés en soutane ou boubou, visages décorés, bâtons ou maraca en main, circulant autour du feu, les conteurs du jour se sont rivalisés de talent dans leur prestation de cet art de la parole, de moins en moins pratiqué à l’ère dite « moderne ».  Les histoires racontées en français ou en lingala, étaient ponctuées par de leçons morales.

Le fondateur et directeur technique de la Compagnie Théâtre de Marconte, S Konde, a fait part de son projet d’organiser au moins une fois le mois, la « Soirée de la parole » avec les contes au programme pour faire revivre cette discipline. Les formations sont également prévues pour augmenter le nombre de conteurs, a-t-il indiqué sans plus de détails.

Conte africain, un outil de l’éducation

Partager des contes est toujours un moment de convivialité. Par le passé, « les histoires racontées  servaient à éduquer les plus jeunes, voire de les dissuader à se conduire d’une certaine manière. Cela pourrait l’être encore aujourd’hui », a estimé la conteuse Jovitha Songwa.

Dans la vie pratique, « si vous conseillez quelqu’un à la manière de la loi, la personne aura un penchant vers l’acte interdit. Mais, quand vous lui racontez une histoire, elle peut s’identifier [à un personnage] et changer facilement », a dit, après le spectacle, cette femme qui affirme avoir hérité le goût du conte de son père.

Engagée pour maintenir la flamme, Jovitha Songwa rejette l’idée selon laquelle le conte est démodé. « On pense que le conte est ancien, mais les anciennes marmites, il ne faut pas les jeter, elles peuvent servir à un moment ou à un autre », a-t-elle dit.

Le conte désigne à la fois un récit de faits ou d’aventures imaginaires et un genre littéraire, avant tout oral, qui relate lesdites aventures. Le conte, en tant que récit, peut être court ou long. Qu’il vise à distraire ou à édifier, il porte en lui une force émotionnelle ou philosophique puissante. Il était utilisé dans les sociétés traditionnelles africaines pour servir d’exemple dans les agissements, selon les spécialistes.

Emmanuel Kuzamba

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