Les amoureux du conte africain se sont retrouvés vendredi et samedi à l’Institut français de Kinshasa pour célébrer ce genre littéraire à travers un atelier d’écriture et création de conte ainsi que des représentations scéniques, a constaté un journaliste de mbbactu.

L’atelier animé par le conteur Idriss Malangu a été un moment de partage de connaissances sur ce que c’est qu’un conte et comment se rédige-t-il. La vingtaine de participants ont eu chacun droit à un exemplaire d’un conte qu’ils ont individuellement  analysé avant de le partager avec l’assemblée.

Certains participants ont vu dans cet atelier, une occasion de s’outiller et d’avoir des notions nécessaires pour arriver à la création d’un conte. « J’ai toujours voulu créer un conte, mais je ne savais pas par où commencer, cet atelier m’a beaucoup aidé, j’ai pleinement bénéficié de chaque mot de l’animateur de l’atelier et je crois que je vais bientôt réaliser mon rêve, celui de créer un conte», a déclaré à mbbactu Félicien Musy. 

Un devoir sous forme de concours (sans récompense) a été donné aux participants pour créer un conte. Le meilleur sera publié sur le site de l’institut français de Kinshasa, a-t-on promis.

Femme, héroïne qui balise la voie vers la prospérité

Le lendemain, les conteuses Myra Dunoyer et Jovitha Songwa sont montées successivement sur scène pour interpréter les contes sur l’histoire de « Amina de Zaria » et  celle d’« Arwa ».

La belle et  guerrière reine de la cité d’Haoussa, Amina de Zaria, est la première femme qui dirigea ce grand royaume qui, selon sa tradition, ne pouvait avoir comme dirigeant qu’« un homme ».

Amina de Zaria a accédé au trône après la mort de son petit frère Karan, un roi faible qui mourut tôt, après avoir succédé à son défunt père.

Beau et riche, Haoussa était à la fois l’objet de convoitise et sous-estimé par ses voisins du simple fait que ce royaume était dirigé par une femme. Grâce à sa détermination, Amina de Zaria a remporté toutes les batailles, et sous son règne, Haoussa est demeuré un royaume pacifique et prospère.

La conteuse Jovitha Songwa a interprété l’histoire d’Arwa, une femme mariée à son propre cousin. Son père qui fut le sultan du Yémen a été assassiné. Le frère d’Arwa succéda à leur père, avant de succomber à une maladie. Le trône est ainsi revenu à Arwa, qui y régna pendant 40 ans. Sous son règne, Arwa vengea la mort de son père et remit son royaume sur la voie de prospérité.

Alors que la femme est très souvent présentée comme un être faible pour diriger ou gouverner, les deux spectacles ont mis en exergue le rôle que peuvent jouer les femmes dans l’épanouissement de la société. Ces contes ont, non seulement questionné l’histoire mais ont également relevé à quel point les capacités de la femme peuvent aller au-delà de ses limites (physiques) que fixent parfois la tradition.

Ces activités littéraires étaient à la fois  un moment de célébrer la femme, l’héroïne africaine, en ce mois dédié à la lutte pour ses droits, mais aussi une occasion de valoriser le conte africain, qui est célébré chaque 20 mars.

Christian Dimanyayi Bende