L’artiste-chanteur congolais Antoine-Christophe Agbepa Mumba alias Koffi Olomidé, récemment nommé ambassadeur de la culture congolaise, a exprimé son intention d’organiser un symposium sur le livre scolaire et parascolaire de l’histoire de la rumba, en partenariat avec le département des sciences historiques de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Kinshasa.

Grand nom de la musique congolaise et africaine, Koffi Olomidé souhaite qu’historiens, écrivains, pédagogues, musicologues, bédéistes, éditeurs et bien d’autres experts en la matière, soient de la partie pour la réussite de ce projet à la fois culturel et éducationnel.

Familiariser les jeunes congolais avec leur histoire

Interrogé par Mbbactu, l’écrivain et pédagogue congolais Yann Kheme pense que ces ouvrages permettront aux élèves de la République démocratique du Congo de « se familiariser avec l’histoire de la rumba, un patrimoine national, devenu mondial. Mais aussi d’apprendre ses codes, ses contenus, et donc de se plonger dans leur propre histoire ».

« Que ce soit en tant qu’écrivain ou en tant qu’enseignant, les projets d’édition de livres sont toujours bien accueillis. Et ils suscitent encore de l’admiration lorsqu’ils abordent notre vécu, les réalités que nous vivons au quotidien. Parmi les richesses immuables que nous possédons, il y a le fleuve, il y a aussi la rumba. Le valoriser ainsi est un motif de fierté », a-t-il ajouté.

Écrire la rumba en langues nationales

Enseignant de français et de littérature au collège Cartésien, Yann Kheme se pose se demande si les ouvrages dont il est question seront écrits en langue nationale ou en français, langue officielle. Si cela est fait en langues nationales, ce sera pour « le plus grand bien des élèves », a-t-il estimé.

« L’expérience a montré que les élèves sont plus intéressés et s’investissent beaucoup quand on leur enseigne l’histoire littéraire congolaise, la musique congolaise, surtout dans les langues d’ici, leur langue de cœur. Beaucoup [d’élèves congolais] rêvent encore en lingala, swahili, ciluba ou kikongo », a-t-il ajouté.

Quant à l’impact de ces écrits sur les enfants, M. Kheme pense que cela dépendra largement « du contenu et des auteurs » qui les auront écrits. Il leur recommande de penser au public pour lequel ces livres seront écrits et les rendre intéressants. Aussi de penser aux genres littéraires qui intéresse le plus les enfants.

Origines remontent dans l’ancien royaume Kongo

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Star congolaise de la rumba, Koffi Olomidé a été nommé mi-février ambassadeur de la culture congolaise par le président de la RDC Félix Tshisekedi, deux mois après l’admission de cette musique au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).  Et cela, cinq ans après la rumba cubaine. 

Ayant ses origines dans l’ancien royaume Kongo, où l’on pratiquait une danse appelée Nkumba (nombril), parce qu’elle faisait danser homme et femme nombril contre nombril, la rumba a été exportée aux Amériques pendant la traitre négrière. Cette musique a fini par donner naissance au jazz en Amérique du nord et à la rumba au sud, avant d’être ramenée en Afrique par les commerçants, avec disques et guitares.

Emmanuel Kuzamba