Des auteures congolaises se sont rencontrées dimanche à Kinshasa au centre Congo Loisirs, pour discuter de leur secteur, se lire et partager avec le public, dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme.

Placée sous le thème “Auteures congolaises : actrices du changement ou simples reporters de faits de société ?”, la discussion a connu la participation de Missy Bangala, Celena Ngoy, Andréa Moloto, Émilie Mayabu et Belbiche Nsona en tant que panélistes.

L’activité était une initiative de l’association Bookutani coordonné à Kinshasa par Sylvie Tshibasu qui a conduit cet échange entre les panélistes et un public composé des professeurs, écrivains, journalistes, et autres invités de différentes nationalités.

La discussion a tourné autour de 8 livres : «Le jour de la femme» de Émilie Mayabu, «Moi, femme, je parle» de Élisabeth Mweya Tol’Ande, «Immortel, une vie chamboulée» de Belbiche Nsona, «Mathy, tu sais…» de Andréa Moloto, «Mateso» de Celena Ngoy, « Genève – Kin 2020 : la correspondance » coécrit par Missy Bangala et 3 autres auteurs, et « Femme porte bonheur » du professeur Mukulu Di Deni.

L’objectif de cette activité était, entre autres, d’offrir une visibilité aux auteures qui sont moins connues ou moins lues, faire une rencontre entre auteures aguerries et une jeune génération d’auteures et passionnées de littérature. 

– La femme transmet la culture – 

Selon Mme Tshibasu,le but de cette activité était en outre de créer des liens entres auteures, de discuter ou de parler de l’écriture des autres au-delà des soi-même. « C’est une chose que d’écrire et d’être lu, mais c’est une autre que de lire les autres et d’avoir une réflexion sur l’écriture des autres par rapport à soi et à ce qui se passe dans la société », estime-t-elle.

Elle a invitées les femmes à la réflexion sur leurs gestes et paroles parce que, soutient-elle, la femme transmet la culture, elle éduque, donne la vie et accompagne cette vie. “Pour que les choses changent, la femme doit réaliser qu’elle détient la clé du changement”, a-t-elle conclu.

Missy Bangala, auteure et présidente du Café Littéraire qui porte son nom, a recommandé que dans une situation de faiblesse, au lieu de se taire et se recroqueviller, les femmes devaient parler, dire ce qu’elles veulent qu’il soit. Et la meilleure façon de le faire,selon elle, c’est d’écrire, de prendre l’écriture comme exutoire.

Le Professeur Mukulu Di Déni, seul homme panéliste de cette activité, a pris part avec son livre « Femme, porte bonheur ». Il a exhorté les femmes de profiter de ce mois de mars pour se rendre compte de ce qu’elles sont, ce qu’elles font, pourquoi elles réclament l’égalité, ce qu’elles doivent faire pour que ce combat réussisse.

Emmanuel Kuzamba